L’étape marathon ! Le meilleur moment du 4L Trophy

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Un départ avec le soleil

Réveillés par les premiers rayons du soleil et leurs lots de calories qui réchauffent nous partons enthousiaste pour ce qui s’annonce être le point fort de l’aventure : l’étape marathon !

Environ 160 kilomètres de pistes et 450 kilomètres de route avec deux cols à franchir sont au programme pour rejoindre Marrakech en 48 heures.

Confiant en Topolina qui n’a pas connue de défaillance jusque-là nous attaquons de bonne heure et de bonne humeur cette dernière étape. Alors qu’une file de 4L commence à se former pour passer par le point de passage obligatoire du départ l’hélicoptère décolle et tourne autour du bivouac. A son bord Denis Brogniart qui tourne quelques images pour une émission auto-moto spéciale qui sera diffusée par la suite sur TF1. Par contre il y avait tellement de 4L que vous ne trouverez pas Topolina sur les images de la chaîne.

Un ravitaillement en ville avant les pistes

L’étape commence par 70 kilomètres de liaison routière. Les 50 premiers kilomètres environ sont les mêmes que ceux que nous avons empruntés la veille pour la journée ambassadeur. Nous traversons la ville de Moulay Ali Chérif, plus connue sous son ancien nom Rissani. Une belle arche marque la sortie de la ville ou l’entrée le sens de circulation.

Nous croisons plusieurs Fiat Panda préparées pour les pistes ! Il s’agit d’un raid organisé par des espagnols qui a également lieu tous les ans dans la région. Une forte activité économique est organisée autour du tourisme, notamment automobile dans la région.

Le passage sous la grande arche de la ville marque presque le début des pistes.

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Des pistes chaotiques

Les 50 kilomètres qui suivent sont très accidentés et il n’y a qu’une seule piste. Rien à voir avec les boucles présentes au programme des jours précédents. Nous apprécions d’être partit assez tôt pour ne pas être pris au milieu d’autre véhicules et ainsi pouvoir rouler à notre rythme.

On croise les doigts à chaque fois que le voiture racle un caillou ou passe un trou. Ce passage laissera des traces sur nos protections en dessous de la voiture ! Nous apprécions d’avoir ajouté une plaque de protection sous la voiture même si un équipage a fait le raid sans, cela nous paraît assez risqué !

Peu après le point de contrôle qui marque la fin de la portion à piste unique et très accidentée nous nous arrêtons pour attendre les autres équipages toulousains afin de continuer en convoi et ainsi pouvoir s’entraider en cas de problème et surtout bivouaquer ensemble le soir !

Une pause revigorante

Les Taxis puis les Capi nous arrivent rapidement. Nous profitons de ce moment sympathique pour manger et se mettre au courant des différents déboires ou autres exploits mécaniques des uns et des autres. La portion de piste était assez éprouvante nerveusement, ça fait du bien de souffler ! Les autres équipages arrivent progressivement jusqu’aux « faux belges » qui ferment la marche car fidèles à leur titre honorifique de mécanos bricolos ils se sont arrêtés plusieurs fois pour dépanner des équipages en difficulté.

Un bivouac en solitaire ?? Pas possible !

Nous n’avons plus l’avantage de rouler parmi les premiers équipages et désormais nous sommes parfois ralentit et dispersés par des files d’attentes ou des pistes parallèles. Toutes les 4L du groupe ne roulent pas au même rythme non plus. Lorsque la nuit approche nous ne sommes plus du tout groupés. Nous commençons à amasser des morceaux de bois mort pour alimenter un feu le soir en compagnie de deux autres équipages. Cela nous permet d’attendre ceux qui étaient derrière nous mais pas les Taxis sont déjà assez loin devant, ils arriveront à la fin de la portion de pistes lorsque nos péripéties nous arrêteront environ 50 kilomètres avant.

Cet arrêt est également l’occasion de récupérer du bois sec pour faire un feu de camp le soir. Des petites branches se trouvent assez facilement mais peu de morceaux consistants permettant réellement d’alimenter un feu. Il faut donc être patient et continuer la collecte petit bout par petit bout.

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Topolina attire l’attention

Une fois le groupe reconstitué nous poursuivons le parcours qui nous mène sur les flancs d’un col. C’est une portion à nouveau assez accidentée, à piste unique et avec beaucoup de gros cailloux. Une grande file de 4L se forme alors. Nous sommes presque au point le plus haut du chemin lorsque la voiture cale à l’arrêt dans la file d’attente. En essayant de redémarrer, le moteur commence à faire du bruit lorsque l’on tourne la clé mais il ne se met plus en marche !

Une petite panique monte en nous, il y a des cailloux à 360 degrés autour de nous, nous sommes un légèrement en altitude, le vent est frais et la perspective d’une nuit à camper ici ne nous enchante pas ! Afin de ne pas bloquer tout le monde nous nous mettons rapidement sur le côté en poussant la voiture avec l’aide de nos compagnons de route. C’est là que nous apprécions d’avoir fait le trajet en groupe.

C’est grave docteur ?

Tout le monde s’arrête pour se porter au chevet de Topolina. Les Com’potes qui étaient devant se rendent vite compte qu’elles ne sont plus suivies, elles mettent la voiture sur le côté et courent nous rejoindre. La collaboration entre Rémi, Quentin, Alain et Maxime permet un diagnostic rapide du problème. Il s’agit de la pompe à essence qui n’envoie plus de carburant vers le moteur ! Les vétos courent alors chercher une pompe à essence qu’elles ont en stock dans leur 4L. Youpi ! Nous somme sauvés !! On se dit que l’on va pouvoir vite repartir…

Mais c’était sans compter sur les variantes des moteurs de 4L. La pompe à essence des Vétos n’a rien à voir avec celle qui se monte sur notre moteur. Alors que Rémi et Quentin toujours en quête de défis mécaniques plus improbables les uns que les autres réfléchissent à une façon d’adapter ce modèle à notre moteur la partie du groupe en retrait interrompt sa séance photo du coucher du soleil pour inscrire sur les différentes ardoises la pièce recherchée.

Le soleil est vraiment bas mais heureusement de nombreuses 4L passent encore par là. Après un peu d’attente un équipage s’arrête, vérifie, et oui c’est bien la bonne pièce ! Il nous dépanne d’une pompe à essence que nous n’avions jamais autant désiré !

Le changement de la pièce est effectué en coopération par les mécanos de choc. Une fois en place le signal est donné pour enclencher le moteur.

Super ! Ça marche !! Stop stop, coupe le moteur me dit pourtant Rémi. Il y a de l’essence de partout ! Il faut resserrer les fixations. La pièce n’est pas des plus accessibles mais après quelques tours de tournevis nous procédons à un autre essai. Au moment de tourner la clé, quand habituellement le moteur fait un bruit caractéristique tout en entraînant des vibrations dans toute la voiture nous obtenons un simple clac… Deuxième, troisième, essai, idem ! Mince alors que se passe-t-il maintenant ??

On dort là alors ?

Même à plusieurs, les conditions qui s’offrent à nous ne correspondent pas du tout à ce que nous espérions pour notre bivouac en autonomie. Bon au pire nous avons nos anneaux de remorquage et une sangle qui nous permettrait de tenter un sauvetage de Topolina et nous espérons toujours voir arriver un 4×4 de l’assistance mécanique.

Mais, tout n’est peut-être pas perdu… Notre fournisseur de pompe à essence est formel, le problème vient du démarreur. Il y a une technique qui peut permettre de relancer un démarreur capricieux, il faut taper fort dessus avec une barre nous dit-il ! Je sors le burin et le marteau de la boite à outil et je le laisse procéder à son essai, pas très convaincu pour autant. En fait cette technique est bien valable dans le cas où les charbons à l’intérieur de cette bobine se seraient collés mais apparemment le problème de notre allumeur venait d’ailleurs car cela n’a rien changé.

C’est alors qu’arrive une équipe de l’assistance mécanique ! Super, ils vont nous sauver. Une nouvelle tentative de dépannage en choquant le démarreur sans succès par les mécanos puis ceux-ci nous conseillent de démarrer en poussant la voiture. Ah  bon ? Ça marche ? Ah mais super on peut repartir alors ! En effet après un dernier effort collectif pour donner un coup d’élan à Topolina le moteur se remet à tourner !

Trouver où faire le bivouac

Vu que la piste est étroite et que nous sommes repartis les premiers nous ouvrons la route. Seulement quelques kilomètres et nous laissons le col et la piste caillouteuse pour retrouver une portion plus basse. Le chemin reste tout de même accidenté et nous voyons de moins en moins bien. Nous ne savons pas ce qui nous attend plus loin et à chaque emplacement potentiel nous hésitons à faire stopper la caravane pour établir le bivouac.

Quelques hésitations, puis nous optons pour un oued sablonneux avec quelques arbres qui nous parait accueillant pour une nuit à la belle étoile.

La mécanique en plein désert

Nous indiquons nos problèmes mécaniques en plaçant le triangle de signalisation sur le toit comme préconisé par l’organisation du trophy. Deux autres voitures avec des pannes se joignent au bivouac. Les premiers mécanos sur place s’occuperont de ces voitures qui ont des problèmes prioritaire par rapport au notre.

Un peu plus tard un 4×4 du pays basque s’occupera de Topolina. Il faudra plus de trois heures pour changer le démarreur que l’équipage Esquiroul nous a fournit. Il ressemble beaucoup plus au notre mais ce n’est pas exactement le même. Il faudra quelques efforts supplémentaires pour l’adapter à la fixation de notre moteur mais au final il fonctionne parfaitement.

Je reste auprès de l’équipe d’assistance pendant l’opération pour suivre le déroulement du dépannage et aider du mieux possible en passant des outils ou en tenant la lumière. Pendant ce temps le feu de camp est allumé un peu plus loin et les tentes sont sorties. Un repas convivial s’organise autour du feu.feu-bivouac-marathon-4Ltrophy

L’attaque des berbères ?

Alors que la soirée se déroule paisiblement nous apercevons des phares de motos circuler autour de notre campement. Plusieurs passages ont lieu et l’assistance mécanique semble inquiète de ces agissements. Ils nous conseillent de verrouiller nos véhicules et de prêter attention à nos objets de valeurs.

Inquiet face à tant de préconisations je questionne les mécaniciens. Un seul a déjà fait le Trophy et n’a jamais été confronté à ce genre de situation. Aucune info particulière de la part de l’organisation non plus.

Dans le doute nous rassemblons tout de même un peu notre matériel et attendons tranquillement.

Quelques minutes plus tard, deux berbères arrivent sur une moto et s’approchent de notre feu avec de gros morceaux de bois ! Plus gros que tout ce que nous avons pu croiser jusqu’à présent ! Les mécaniciens interviennent alors sans laisser les laisser s’exprimer et leur font comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenus sur notre bivouac. Sans insister, ils lâchent le bois et repartent sur leur moto.

Avec le recul, je me sens vraiment mal à l’aise d’avoir assisté à cette scène sans agir. Le plus probable semble que ces berbères souhaitaient marchander ce bois contre quelques dirhams ou peut-être partager une bière avec nous. Différents témoignages après l’arrivée nous attesterons du bon esprit des locaux qui ont pu échanger avec d’autres participants. Dommage de ne pas avoir vécu cela ce soir là mais surtout dommage d’avoir laissé cette image de rejet à ces personnes.

De mon côté, une fois le nouveau démarreur installé, un repas vite avalé et quelques instants autour du feu pour boire un verre, j’ai pu m’isoler pour profiter quelques minutes du magnifique ciel étoilé. Sans doute l’image la plus marquante de ce Trophy pour moi. Sans s’attarder toutefois car la fatigue de la journée se faisait bien sentir et le départ était prévu tôt le lendemain  !